Rendez vous
- Samedi 7 juin 2008
- Au Carrefour d’éducation populaire
- 2356 rue Centre
- Métro Charlevoix
Contents
10h à 12h
Une histoire de l’action communautaire à Pointe Saint-Charles
par Anna Kruzynski Anna Kruzynski, féministe et libertaire, est active dans des luttes communautaires, féministes et anticapitalistes depuis plus de 10 ans. Professeure en affaires publiques et communautaires à l’Université Concordia, son enseignement et sa recherche sont explicitement engagés. Dans le cadre de sa collaboration avec les Archives populaires de Pointe-Saint-Charles et un groupe de femmes impliquées dans l’organisation communautaire depuis plus de 25 ans, elle s’est intéressée au militantisme tel que vécu depuis les années 1960 à Pointe Saint-Charles. Cette recherche-action a débouché, notamment, sur sa thèse de doctorat en 2004, mais surtout sur la publication d’un livre grand public publié aux Éditions du remue-ménage en 2006 intitulé « Pointe Saint-Charles : un quartier, des femmes, une histoire communautaire ».
L’atelier qu’elle animera dans le cadre du Réclame ta Pointe s’inspirera de ce travail, mais aussi, de ses années d’implication militante dans ce quartier qui est aussi le sein depuis 2001. Nous toucherons brièvement aux vagues d’immigration à la Pointe, mais le cœur de l’atelier sera sur les différentes étapes de l’action communautaire depuis 1960 dans ce quartier bouillonnant, en touchant aux différents secteurs, dont notamment l’aménagement urbain, la santé, l’éducation, l’alimentation, l’aide sociale, l’économie… avec une analyse féministe transversale. Nous terminerons en tirant quelques apprentissages de ces luttes passées pour celles d’aujourd’hui.
14h à 15h30
Table ronde : L’art envahit la ville!
Bien qu’elle ne soit pas toujours porteuse d’un message explicite, l’OCCUPATION artistique de l’espace public demeure politique, voire subversif. Plusieurs artistes exposent leur démarche et s’expriment quant à la portée contestataire de leurs pratiques artistiques. Graffiti, danse, installation, performance. Murs, rues, béton, passages, bancs publics.
Les rapports sont multiples.
Frédéric Chabot : Peintre d'intervention, il s'interresse au graffiti et à la peinture urbaine. Son travail tient compte de l'environnement urbain, soit architecture, tags, textures et autres irrégularités. C'est une tentative de réappropriation de l'espace par hybridation des médiums.
Stéphanie Bernard : Chorégraphe et danseuse montréalaise, elle parle de l’expérience avec le Grasshoppa Dance Exchange, un regroupement de «bougeurEs» qui investissent et réinventent les espaces publics, oscillant entre légalité et illégalité.
Marjolaine Samson : Artiste de la relève diplômée de l’UQAM, Marjolaine Samson a notamment participé au projet Dis/Location avec Dare-Dare, un centre d’artiste autogéré situé dans un parc sans nom entre Saint-Laurent et Clark, entre Arcade et Rosemont/Van Horne.
Geneviève Rousseau : jeune artiste qui a aussi participé au projet Dis/Location avec Dare-Dare, un centre d’artiste autogéré situé dans un parc sans nom entre Saint-Laurent et Clark, entre Arcade et Rosemont/Van Horne.
Devora Neumark : Depuis les années 90, cette artiste réalise des performances et des interventions interdisciplinaires en milieu urbain interrogeant les sphères publique et communautaire. Mettant l'accent sur la notion de processus, son travail se veut une remise en question des systèmes de représentation et de pouvoir, à travers les transformations historiques, les rituels et la construction de la mémoire.
Table ronde : Dépossession et gentrification
par Marcel Sévigny, Martin Petit et Abdulhadi Qaderi
Marcel Sévigny: Introduction et phénomène
l'embourgeoisement des quartiers n'est pas un mouvement urbain organisé. Il est le fait d'une sorte d'alliance implicite entre les pouvoirs politiques (surtout locaux), les promoteurs immobiliers et les "classes moyennes". Même les militantEs anarchistes peuvent, à leur insu, participer à l'embourgeoisement. Alors, comment lutter contre ce phénomène qui en fin de compte pose la question du sacro-saint "droit à la propriété".
Martin Petit: Point de vue comptable, mécanisme, rôle des banques et exemples concret
Les banques jouent un rôle fondamental dans ce mouvement et expliquer comment, par le biais d'une évaluation des bâtiments lors du renouvellement d'une hypothèque, elles arrivent à imposer et faire accepter cette logique à tout le monde, tout en forçant les propriétaires à augmenter le plus possible le prix des loyers.
Abdulhadi Qaderi: embourgeoisement et racisme
«Les quartiers populaires sont les lieux où se réflete l'image d'une société injuste. C'est ici que vivent une grande majorité d'exploités, de discriminés et de marginalisés. Ils sont les victimes du racisme économique. Ils sont blancs, francophones et anglophones ostracisés par leurs semblables qui eux vivent dans les quartiers riches et qui se distinguent donc par leur statut social et non par leur couleur ou leur culture.
Dans ces mêmes quartiers, on trouve la grande majorité des immigrants étant dans la même situation économique misérable que le reste des habitants du quartier populaire. Parallèlement, les immigrants riches se trouvent dans le voisinage des blancs riches.»
15h30 à 17h
Le vivre ensemble alternatif
par Ève Lamont, réalisatrice et utopiste et Valérie Belleau, ex-squatteuse
Au-delà des différences, des étiquettes et des prétentions, comment vivre ensemble et atteindre la jouissive cohésion? Pour une construction sociale et une grouillante cohésion, Avec ou sans Proudhon, c’est ensemble que nous vaincrons!
Présentation d’extraits vidéo sur les squats, tournés en Europe, à Montréal et à New-York.