Notes de cours:
Analyse marxiste de l’État démocratique
La théorie marxiste est ouvertement engagée, contrairement aux autres. La société véhicule une idéologie dominante : le capitalisme. Cet engagement, qui accepte le capitalisme comme état naturel des choses, est remis en cause par le fait que le marxisme problématise le capitalisme. Lukacs : auteur marxiste important.
Question : Est-ce que nous vivons dans un État démocratique ?
- La théorie libérale répond par l’affirmative, en affirmant que le capitalisme et le pluralisme politique sont indissociables, et que le socialisme est forcément totalitaire.
La preuve que l’on vit dans une démocratie est que les « faibles » sont capables de remporter des « victoires » : les manifestations, les grèves ne sont pas toujours vains. Les droits de veto, de contestation, et de protestation ne font pas de la démocratie actuelle une démocratie de façade ou fantoche.
- La théorie marxiste dit que l‘État démocratique a pour fonction essentielle de protéger les propriétaires des grandes entreprises. Ainsi, elle perpétue l’asservissement des classes laborieuses par le classe dominante, le patronat.
Les moyens de domination sont :
Les pressions sur l’État
- la propriété privée des moyens de production : le pouvoir de produire ou pas, de produire ici ou en Chine…. Le capitalisme confère aux investisseurs le pouvoir de décider de l’activité économique du pays. De plus, le gouvernement peut se passer de la confiance populaire, s’il a celle du « milieu des affaires ».
- le contrôle et la diffusion des idées : les « mass media » sont une conséquence normale de la concentration capitaliste. Les médias actuels ont besoin de beaucoup plus de fond que la presse écrite du XIXème siècle, et requiert donc l’investissement des capitalistes, qui défendent à travers eux leurs intérêts.
Les caractéristiques de l’État
- les administrations de l’État entretiennent une affinité idéologique de classe avec les milieux d’affaires.
- le processus de désintéressement de la vie publique par le masses est une stratégie inhérente à l’État capitaliste démocratique.
- le fait d’afficher une volonté de service du bien commun alors que ce sont les intérêts de classe qui sont défendus.
De plus, il y un glissement des pouvoirs, depuis l’avènement du suffrage universel, du législatif vers l’exécutif, qui agit à huis clos et échappe au contrôle démocratique.
Enfin, une véritable société démocratique pourrait remettre en cause les fondements mêmes du capitalisme, sans remettre en cause la démocratie. La bourgeoisie, en acceptant la démocratie, accepte l’incertitude liée au vote, mais exclusivement en ce qui concerne les avantages secondaires de la classe bourgeoise.
Ainsi, elle ne remet jamais en cause ses intérêts fondamentaux : lorsque le capitalisme est bouleversé dans son fondement, elle renonce à la démocratie (comme au Chili, avec la dictature de Augusto Pinochet appuyé par les États-Unis contre le gouvernement démocratiquement élu de Salvator Aliende, le 11 Septembre 1973).
Cette analyse pose une question fondamentale : quelles sont les types d’action pour essayer de changer les choses, et quelle place donner à une possible révolution ?
Doit-on changer radicalement de paradigme, et donc effectuer une révolution au moins idéologique, ou bien procéder par réforme au sein de l’idéologie dominante ?
